Les contes de fée ont la peau dure…

Cendrillon m’a tuer ☛

Lorsque la vérité ne sort pas de la bouche des enfants, leurs regards peuvent en dire long…

L’expression émerveillée de cette petite fille, devant cette robe de mariée, semblait chargée d’un irrépressible désir de porter, un jour, pareille tenue de princesse.

Les contes de fée ont la peau dure… – Parc de Vincennes, Mai 2012

Les mots de ces petiots n’en sont pourtant pas moins lourds de sens et de conséquences, comme l’illustre la polémique qui a fait rage au sujet des extraits du Dictionnaire des écoliers.

Père : C’est le mari de la maman, sans lui la maman ne pourrait pas avoir d’enfants. C’est le chef de famille parce qu’il protège ses enfants et sa femme. On dit aussi papa». Dictionnaire des écoliers – Enfants du CE2 au CM2

Il n’en fallait pas moins pour que féministes, psychologues, sociologues, enseignants et j’en passe s’emparent de l’actualité et tricotent un chaud chandail bien ajusté à la survivance des préjugés sexistes encore véhiculés par les principaux précepteurs de la petite enfance, les adultes. Consciente ou non, la clémence vis à vis ces stéréotypes sexuels latents renforcent les pratiques discriminatoires dans notre société.

A l’école de la république, l’un des principaux écueils tiendrait notamment à l’inégalité de traitement entre fille et garçon dans les rapports enseignant/élève.

Il suffirait à priori d’aplanir ces différences de traitement et hop aux oubliettes les préjugés! C’est là que les choses se corsent. Deux courants de pensée s’opposent à ce sujet. Quand certains préconisent la mixité et l’égalité totale de traitement à l’école, d’autres, minoritaires, privilégient la non-mixité et un modèle d’éducation différencié entre filles et garçons.

Ces antagonismes sont d’autant plus intéressants que chacun de ces modèles permettraient de lutter contre l’inégalité des sexes par l’abolition des représentations sociales sexués dans les rapports scolaires.

Entre construction sociale et construction psychologique, dans le débat du “différentié” contre le “non-différentié”, on en oublierait presque qua les adultes de demain ne sont pas la seule somme des représentations sociales d’aujourd’hui. Ils sont aussi et surtout des acteurs qui traitent et interprètent l’information à travers le prisme de leur propre entendement. Cet entendement qui nous permet(tra) de nous affranchir légitimement de modèles sociaux illégitimement établis.

Un après midi à la plage… – Paimpol, Juillet 2011

Pour l’heure, le débat a au moins le mérite d’exister. Mais s’agissant de penser la société de demain, une véritable appropriation des enjeux par les pouvoirs publics s’impose au delà du buzz d’un seul jour.

D’ici là, dormons sur nos deux oreilles, les studios Disney, eux, veillent au grain. Des héroines telles que Tiana (la Princesse et la grenouille), Raiponce, ou plus récemment Merida, héroine aux cheveux aussi flamboyant que sa témérité, contribuent à amoindrir les nuisances sociales du mythe de la princesse. Le complexe de cendrillon n’a qu’à bien se tenir…

Votre hôte

Pour aller plus loin :

Rapport sur l’éducation différenciée entre filles et garçons dans le monde – June 2006European Association single-sex education

Article du Figaro : “Exit baby machos

podcast rue des écoles du 17/11/12 


 

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